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Robot de traite : « le prix d’achat ne représente que 30 % du coût total d’utilisation »

Le prix du robot de traite représente 30 % de son coût d'usage total. Les travaux nécessaires à son installation représentent généralement 20 % du coût d'usage. Les 50 % restant sont alloués aux frais de maintenance, formations, accès aux bases de données, accessoires ou support technique...

L’économiste Maha Ben Jaballah s’est penchée sur les coûts cachés du numérique en agriculture, et la note est salée. Au-delà du coût d’acquisition, les abonnements et divers frais liés à l’usage de technologies gonflent la facture.

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Combien coûte vraiment le numérique aux agriculteurs ? C’est la question que s’est posée Maha Ben Jaballah, enseignante-chercheuse à l’École supérieure des agricultures d’Angers. Les chiffres ont de quoi surprendre : « en général, le coût d’achat d’un outil numérique ne représente qu’un tiers de son coût de possession global ».

Pour arriver à cette conclusion, l’économiste a passé au crible les coûts d’achat et de fonctionnement de 400 outils numériques présents sur les exploitations. « Le prix de vente des appareils est souvent dérisoire », explique la jeune femme. En arrière-plan, les entreprises se rattrapent sur les options attenantes. Une stratégie bien connue dans le monde de la téléphonie ou de l’automobile, qui débarque aujourd’hui en agriculture.

« Si je prends l’exemple de caméra de surveillance du bétail, la brochure d’une start-up propose 4 caméras à 60 € pièce pour équiper une stabulation », autrement dit, pas grand-chose. Mais au-delà de l’équipement, ce sont les installations connexes qui font grimper la note. Connexion à internet, mise en place des câbles, achat d’un écran… Et la facture grimpe davantage lorsqu’il s’agit d’exploiter la donnée. « Sur sa brochure, l’entreprise propose une formation à 1 000 € pour apprendre à utiliser le logiciel, un forfait de 2 000 € annuels pour accéder à la base de données, des accessoires à 1 500 €… Si bien qu’au total, à partir d’un lot de caméra à 240 €, il est facile de s’en sortir pour 8 000 € ».

Un modèle économique basé sur l’usage

Le constat n’est pas isolé. « En moyenne en élevage, on constate que les coûts afférents représentent 70 % du coût d’utilisation d’un produit ». En bref, le modèle économique des outils numériques repose davantage sur l’usage en continu, que sur l’achat initial ; une donnée à avoir en tête lors du renouvellement de matériel.

Le cas du robot de traite est particulièrement intéressant compte tenu des sommes engagées. « Pour un robot acheté autour de 150 000 €, il n’est pas rare de constater des coûts de possession autour des 400 000 € », note Maha Ben Jaballah. Si le coût des travaux d’installation est souvent bien identifié par les éleveurs, les coûts afférents ne manquent pas. Maintenance, accès aux bases de données, formations, support technique… « Pour un robot de traite dont le coût d’achat revient à 12 500 € par an, on observe des frais de fonctionnement de 38 000 € à 59 000 € selon les travaux nécessaires à l’installation des équipements », explique l’économiste.

Pour autant, difficile de nier la plus-value du numérique en élevage. « L’objectif n’est pas de dénigrer ces outils », tempère Maha Ben Jaballah, mais plutôt de mettre en évidence des pratiques commerciales. Il est souvent difficile de calculer les coûts d’utilisation des matériels : les frais sont généralement dispatchés entre plusieurs lignes comptables. « Une fois la machine achetée, l’on rajoute 1 000 € par an pour telle option, 2 000 € pour tel service ou logiciel… En comparaison au coût d’achat de l’équipement, c’est souvent faible, mais ramené sur 5 ou 10 ans, c’est ce qui fait toute la différence ».

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